L’équilibre du Foie au Printemps

Schéma de la loi des cinq éléments en médecine traditionnelle chinoise

L’équilibre du Foie au Printemps

En médecine traditionnelle chinoise (MTC), chaque saison est associée à un couple d’organes qu’il convient de soutenir. Au printemps, ce sont le foie et la vésicule biliaire qui sont mis à l’honneur : le foie assure la libre circulation de l’énergie (Qi) et nourrit les tendons, tandis que la vésicule biliaire fournit l’énergie nécessaire à la mobilité et à la souplesse.

Cette lecture énergétique ne remplace pas un diagnostic médical, mais elle offre une grille de lecture complémentaire intéressante pour comprendre certains inconforts saisonniers (raideurs, fatigue, irritabilité) et pour orienter un accompagnement ostéopathique adapté à cette période de l’année.

La loi des cinq éléments et les saisons

La médecine traditionnelle chinoise associe chaque saison à un élément et à un couple d’organes :

  • Bois (printemps) : Foie / Vésicule biliaire
  • Feu (été) : Cœur / Intestin grêle
  • Terre (intersaisons) : Rate / Pancréas
  • Métal (automne) : Poumon / Gros intestin
  • Eau (hiver) : Rein / Vessie

L’idée n’est pas de traiter un organe isolément, mais de tenir compte de ce cycle saisonnier dans l’accompagnement global du corps — en complément, et non en remplacement, du suivi de vos médecins traitants.

PRINTEMPS : neuf repères pour aborder la saison

Voici, sous forme d’acrostiche, quelques repères pour accompagner cette transition saisonnière.

P — Profiter

Après un hiver plus sédentaire, le corps a besoin de reprendre une activité physique progressive. Une séance d’ostéopathie peut aider à lever certaines tensions accumulées et faciliter cette reprise en douceur.

R — Renouveau

Certaines cervicalgies ou céphalées peuvent être favorisées par les tensions crâniennes et cervicales accumulées. Des techniques d’ostéopathie crânienne, douces, peuvent contribuer à un mieux-être à l’approche des beaux jours.

I — Interdépendance corps-esprit

Les tensions physiques accumulées pendant l’hiver (posture, alimentation plus riche) peuvent peser sur le ressenti général. Un rééquilibrage ostéopathique vise à redonner de la mobilité au corps, ce qui peut favoriser un mieux-être plus global — sans se substituer à un accompagnement médical ou psychologique si besoin.

N — Nettoyage

Le printemps est souvent l’occasion de revoir son hygiène alimentaire. Certains aliments sont traditionnellement associés au soutien du foie en MTC : asperge, artichaut, pissenlit, romarin, salade, banane, figue, blé, épeautre, orge, millet, soja, volaille. Une ou deux séances d’ostéopathie viscérale peuvent compléter cette démarche en cas d’inconfort digestif.

T — Temps

Le passage à l’heure d’été perturbe parfois la qualité du sommeil. Un accompagnement ostéopathique peut aider à réduire certaines tensions qui gênent l’endormissement durant cette période de transition.

E — Énergie Yang

L’énergie Yang croît au printemps : besoin de sortir, de bouger, de respirer au grand air. Ce regain peut aussi mettre en lumière des tensions restées silencieuses l’hiver (musculaires, articulaires). Une séance d’ostéopathie peut vous aider à profiter pleinement de cette dynamique.

M — Mouvement

La reprise d’activité (jogging, promenades) peut réveiller certaines lombalgies si le corps n’y est pas préparé. Voir notre article sur les causes de la douleur lombaire pour aller plus loin, et pensez à une reprise progressive.

P — Plénitude psychologique

La fin de l’introspection hivernale s’accompagne souvent d’une envie de nouveaux projets. Des techniques douces d’ostéopathie crânienne peuvent contribuer à apaiser le stress ambiant. Pour des exercices simples à pratiquer chez vous, voir notre article sur la respiration abdominale et la gestion du stress.

S — Sève montante

Le printemps est aussi la saison des allergies (toux sèche, yeux qui picotent, nez qui coule). Certaines approches d’ostéopathie viscérale et crânienne peuvent, chez certaines personnes, contribuer à un mieux-être ressenti pendant cette période — en complément d’un traitement allergologique si nécessaire.

L’ostéopathie peut-elle soigner le foie ?

Non, l’ostéopathie ne traite pas les maladies du foie. Elle peut en revanche accompagner, par des techniques viscérales douces, une meilleure mobilité de la zone abdominale et contribuer au confort général. Tout trouble hépatique doit être évalué par un médecin.

Pourquoi le foie est-il associé au printemps en médecine chinoise ?

Dans la théorie des cinq éléments, le foie et la vésicule biliaire correspondent à l’élément Bois, associé au printemps, à la croissance et au renouveau.

Combien de séances pour un rééquilibrage de printemps ?

Une à deux séances suffisent généralement pour ce type d’accompagnement saisonnier ; le nombre exact dépend de votre état général et sera évalué lors du premier rendez-vous.

Prendre rendez-vous

Vous souhaitez profiter du printemps dans les meilleures conditions ? Michel Brunet, ostéopathe D.O. à Bègles (Bordeaux Sud, Talence, Villenave-d’Ornon), vous reçoit sur rendez-vous. Pour en savoir plus sur l’approche proposée, consultez ma philosophie : l’accord juste, ou prenez rendez-vous directement en ligne.

Catégories : cinq éléments médecine traditionnelle chinoise, MTC, ostéopathie énergétique, ostéopathie viscérale


Douleur lombaire : comprendre les causes, soulager la douleur et prévenir les récidives

Homme courant en forêt, symbole de la reprise d'activité physique pour prévenir les douleurs lombaires
Continuer à bouger reste l’un des meilleurs réflexes pour prévenir les douleurs lombaires et éviter les récidives.
PRUDENCE : pas d’autodiagnostic !

La douleur lombaire peut avoir des origines très différentes et certains symptômes nécessitent une évaluation médicale et un traitement médical, quelquefois en urgence. Cet article explique que l’ostéopathie peut s’inscrire dans une prise en charge globale, après avoir identifié les situations nécessitant d’abord un avis ou un traitement médical.

En bref

La lombalgie, aussi appelée lumbago ou simplement mal de dos, est une douleur du bas du dos, le plus souvent bénigne et passagère (moins de 6 semaines dans la majorité des cas). Ses causes sont multiples : faux mouvement, sédentarité, stress, ou déséquilibre remontant depuis les pieds, les genoux ou le bassin. Le bon réflexe est de continuer à bouger, d’éviter le repos strict au lit et d’appliquer de la chaleur en cas de spasme musculaire. Une consultation médicale s’impose en cas de fièvre, de troubles neurologiques, de troubles urinaires ou intestinaux, ou d’impossibilité à marcher sur les talons ou sur la pointe des pieds (signe d’urgence à ne pas ignorer). L’ostéopathie peut accompagner les lombalgies communes, en complément d’un suivi médical lorsque celui-ci est nécessaire.

Introduction

Une douleur lombaire peut apparaître brutalement, après un mouvement, un effort ou une période prolongée en position assise. Dans d’autres cas, elle s’installe progressivement, ou revient régulièrement sans cause évidente. On parle aussi très souvent de « lumbago », de « tour de reins » ou simplement de « mal de dos » : ces expressions courantes désignent généralement la même chose qu’une lombalgie aiguë. La plupart des lombalgies sont dites « communes » : elles ne traduisent pas une lésion grave et évoluent favorablement. Mais certaines situations méritent une consultation médicale avant toute autre démarche.

On distingue généralement trois temporalités, car un mal de dos ne se traite pas de la même façon selon sa durée :

  • aiguë : moins de 6 semaines
  • subaiguë : de 6 à 12 semaines
  • chronique : au-delà de 12 semaines

Où se situe la douleur ? Est-ce fréquent ? Est-ce forcément grave ? Que peut-on faire ? C’est ce que cet article se propose d’éclairer.

Quelles sont les causes d’une douleur lombaire ?

Un faux mouvement ou un effort inhabituel

Un geste réalisé trop vite, un port de charge mal préparé, une torsion imprévue : le bas du dos est souvent la première zone à réagir quand le corps est sollicité au-delà de ce qu’il a l’habitude d’encaisser. La douleur qui en résulte est le plus souvent d’origine musculaire ou articulaire, sans gravité, même si elle peut être vive sur le moment.

La sédentarité et le manque d’activité physique

Un corps peu mobilisé perd en souplesse et en tonicité musculaire, ce qui le rend plus vulnérable au moindre effort inhabituel. Paradoxalement, l’inactivité est aujourd’hui l’un des principaux facteurs de fragilisation du bas du dos, bien plus que l’activité elle-même.

Les postures prolongées

Rester longtemps assis, debout ou penché dans la même position maintient certaines structures sous tension constante. Ce n’est pas la posture en elle-même qui pose problème, mais son maintien prolongé sans variation.

Les contraintes professionnelles

Certains métiers exposent davantage à la lombalgie : ports de charges répétés, vibrations, postures contraignantes ou rythme de travail soutenu. Ces facteurs s’ajoutent souvent aux précédents plutôt que d’agir seuls.

Le stress et certaines dysfonctions viscérales

Le corps ne fonctionne pas en compartiments séparés. Une tension abdominale, une digestion perturbée ou un stress prolongé peuvent se répercuter sur les tissus environnants et contribuer à un inconfort lombaire, sans qu’il y ait de lésion structurelle.

Le stress et les facteurs psychosociaux

Au-delà de son effet direct sur les tensions musculaires, le stress influence la façon dont la douleur est perçue et vécue dans la durée. Une charge émotionnelle ou une période de vie difficile peut ainsi entretenir une douleur lombaire, ou freiner sa disparition.

Les causes médicales spécifiques

Dans une minorité de cas, la douleur lombaire est le symptôme d’une atteinte précise qui nécessite un avis médical : hernie discale, fracture, maladie inflammatoire, infection, ou autre pathologie. C’est pourquoi un temps d’évaluation, même bref, reste utile avant d’engager toute prise en charge.

Une problématique parfois ascendante : du pied jusqu’au bas du dos

Le bas du dos n’est pas toujours le point de départ du problème : il peut aussi en être la victime. Le corps fonctionne comme une chaîne d’articulations reliées entre elles, du pied jusqu’à la colonne vertébrale. Un déséquilibre à la base peut ainsi remonter progressivement.

Un appui plantaire défaillant, par exemple un pied qui s’affaisse vers l’intérieur (surpronation), crée une torsion qui a tendance à remonter le long de la jambe : elle peut solliciter la cheville, puis le genou, la hanche, le bassin, et finalement le bas du dos. Le corps commence par compenser, puis se fatigue, et finit par exprimer une douleur loin de l’endroit où le déséquilibre a réellement commencé.

Ce phénomène s’explique aussi par la force de réaction du sol : chaque fois que le pied pousse sur le sol, celui-ci renvoie une force égale et opposée, que le corps doit absorber et répartir efficacement à travers la cheville, le genou, la hanche puis le bassin. Lorsque cette répartition se fait mal, une partie de la contrainte peut venir se reporter sur le bas du dos.

Le genou illustre bien ce principe : ce n’est jamais une articulation isolée, mais un relais de transmission, influencé à la fois par le pied et la cheville en dessous, et par la hanche et le bassin au-dessus. Une tension née d’un appui plantaire imparfait peut ainsi se répercuter sur le genou, puis sur le bassin, jusqu’à provoquer une douleur lombaire.

À l’inverse, une hanche qui manque de mobilité ou un bassin présentant certaines problématiques bien connues et traitées en ostéopathie (articulations sacro-iliaques, sacrum, coccyx) ainsi que des muscles comme le psoas iliaque, le piriforme ou le carré des lombes, peuvent tout autant entretenir une lombalgie chronique, sans que la colonne lombaire elle-même (en l’absence de pathologie) ne soit à l’origine du trouble.

C’est pour cette raison qu’un ostéopathe consulté pour une douleur lombaire élargit systématiquement son bilan : appui au sol, mobilité de la cheville, bilan du genou (y compris le test de la fibula, qui peut mal se comporter), souplesse de la hanche et de ses rotations interne/externe, et équilibre du bassin font partie de l’examen, même quand la plainte se limite au bas du dos.

Le corps « de travers » : comprendre la posture antalgique

Certaines personnes se retrouvent, lors d’un épisode aigu, avec l’impression d’être « de travers » : le bassin part d’un côté, la colonne semble partir du côté opposé. L’image peut faire peur, mais ceux qui l’ont vécu savent exactement de quoi il s’agit. Il s’agit en réalité d’une « décharge » : une posture antalgique que le corps adopte spontanément, sans qu’on la choisisse consciemment, pour soulager une structure douloureuse en répartissant autrement le poids et les tensions. C’est une preuve, en soi, de l’intelligence d’adaptation du corps face à une douleur importante, et non un signe de gravité en tant que tel.

Douleur lombaire : quand faut-il consulter ?

Une consultation médicale est nécessaire en présence de signes inhabituels ou inquiétants, par exemple :

  • douleur apparue après un traumatisme important
  • fièvre ou altération importante de l’état général
  • douleur inhabituelle et persistante
  • faiblesse importante d’un membre
  • troubles neurologiques
  • troubles urinaires ou intestinaux associés
  • douleur qui s’aggrave rapidement

Des fourmillements, un engourdissement ou une faiblesse dans la jambe sont également des signes qui appellent une évaluation par un professionnel avant toute autre chose : l’ostéopathe sait faire ce tri entre ce qui relève de son champ de compétence et ce qui ne l’est pas.

⚠️ Un signe d’urgence à connaître : le syndrome de la queue de cheval

Certains signes doivent alerter immédiatement, car ils peuvent traduire une compression de la « queue de cheval » (les racines nerveuses situées en bas de la colonne vertébrale, après la fin de la moelle épinière) : une urgence chirurgicale.

Il faut consulter en urgence si :

  • vous ne parvenez plus à marcher sur les talons, ni sur la pointe des pieds en relevant les talons (il ne s’agit pas ici d’un simple trouble de l’équilibre, mais d’une réelle difficulté à réaliser le mouvement) ;
  • vous ressentez une difficulté nouvelle et soudaine à retenir les urines ou les selles.

Ce syndrome reste rare : sa fréquence est estimée à environ un cas par an pour 30 000 à 100 000 personnes, avec une prédominance chez les adultes entre 30 et 49 ans. Mais le facteur temps y est déterminant : une prise en charge chirurgicale réalisée dans les 24 heures suivant l’apparition des symptômes améliore nettement le pronostic, notamment pour la récupération des fonctions urinaires.

Face à ces signes, il ne s’agit pas d’attendre : direction les urgences.

Cela dit, l’inquiétude peut aussi jouer des tours, dans un sens comme dans l’autre. Un patient est venu me voir avec une symptomatologie qui m’a semblé évoquer ce tableau : je n’ai pas pris le risque de le mobiliser et je l’ai orienté immédiatement vers la médecine. L’IRM n’a finalement rien montré de préoccupant : une forte charge de stress professionnel, probablement associée à une accumulation de mauvaises postures et à un manque d’activité physique. Cette expérience rejoint d’ailleurs les données disponibles : parmi les patients présentant des symptômes évocateurs, une minorité seulement reçoit finalement un diagnostic confirmé de syndrome de la queue de cheval. Il ne faut donc pas céder à la peur, mais rester très attentif : certaines pathologies, bien que peu fréquentes, imposent cette vigilance.

Sources : Manuels MSD, ELSAN, Campus de Neurochirurgie.

Que faire en cas de douleur lombaire ?

Faut-il rester allongé ?

Le repos strict et prolongé n’est aujourd’hui plus recommandé : il tend plutôt à retarder la récupération. Une courte pause peut soulager sur le moment, mais l’immobilisation complète n’est pas la solution.

Peut-on continuer à bouger ?

Dans la grande majorité des lombalgies communes, continuer à bouger, dans la mesure du supportable, est bénéfique. L’objectif n’est pas de forcer malgré la douleur, mais de favoriser une reprise progressive des mouvements et des activités adaptées à la situation.

La marche peut-elle être intéressante ?

La marche est souvent une des activités les plus accessibles et les mieux tolérées : elle mobilise le dos en douceur sans le mettre sous tension excessive.

Chaleur, froid et mesures de soulagement

La chaleur est généralement bien tolérée et peut détendre les tensions musculaires ; le froid peut apporter un soulagement ponctuel dans les tout premiers jours pour certains. Ce sont des mesures de confort, à adapter selon ce qui convient à chacun.

L’OMS recommande notamment l’activité physique et la réadaptation dans la prise en charge des lombalgies communes.

Le lumbago : bons réflexes au quotidien

On parle très souvent de « lumbago » pour désigner une lombalgie aiguë qui apparaît brutalement, le plus souvent sous forme de spasme musculaire, avec le muscle carré des lombes fréquemment en cause. Les bons réflexes généraux vus plus haut — continuer à bouger, éviter le repos strict, appliquer de la chaleur — s’appliquent particulièrement bien à ce type d’épisode. Deux ou trois réflexes complémentaires peuvent aider spécifiquement :

  • Bien s’hydrater, comme pour tout épisode musculaire douloureux.
  • Des mouvements simples et doux, réalisés progressivement, aident à relâcher la zone (voir la vidéo ci-dessous).
  • L’auto-massage, par exemple à l’aide d’un rouleau de massage (foam roller), peut également soulager les tensions musculaires environnantes.

Le fascia thoraco-lombaire, cette large membrane fibreuse qui enveloppe les muscles du bas du dos, est également très souvent impliqué dans un épisode de lumbago. Lorsqu’il est rétracté ou sous tension, il entretient la sensation de raideur : le détendre et le décomprimer fait partie du travail que peut proposer l’ostéopathe.

Quand la douleur empêche de sortir du lit

Si le lumbago est si intense qu’il devient impossible de se lever, il est temps de consulter : votre médecin traitant, ou à défaut un service comme SOS Médecins pour une visite à domicile. Des applications de téléconsultation comme Qare peuvent aussi permettre d’obtenir un avis rapidement. Un traitement médicamenteux peut, dans certains cas, être utile pour passer ce cap, mais sa prescription relève du médecin : l’ostéopathe ne peut pas prescrire de médicament.

Le rôle de chacun dans la récupération

L’ostéopathe n’est pas un rééducateur : son rôle est de lever les tensions et restrictions de mobilité, pas de faire travailler la musculature dans la durée. Pour cela, le relais est généralement pris par un kinésithérapeute, qui pourra proposer un travail de gainage et de renforcement adapté.

Une fois l’épisode passé, la reprise d’une activité physique régulière reste la meilleure protection contre la récidive. Si vous n’êtes pas sportif, c’est le moment de ressortir vos baskets !

Quelle place pour l’ostéopathie en cas de douleur lombaire ?

Dans quelles situations consulter un ostéopathe ?

Une fois écartées les situations nécessitant d’abord un avis médical, l’ostéopathie peut accompagner une lombalgie commune, qu’elle soit ponctuelle ou récidivante, en s’intéressant à la mobilité globale du corps et pas uniquement à la zone douloureuse.

L’ostéopathe commence toujours par un bilan complet, destiné à comprendre ce qui se joue dans l’histoire de votre douleur ou de votre blocage : le contexte d’apparition, les antécédents, le mode de vie, mais aussi l’examen clinique du corps dans sa globalité. Il procède également à des tests spécifiques, comme le test de Lasègue, le test de Léri ou le Slump test (test d’affaissement neuro-dynamique), qui permettent d’évaluer la mise en tension des structures nerveuses et musculaires du membre inférieur.

Ces tests et ce temps de bilan sont fondamentaux. Lorsqu’un patient vient pour la première fois et demande d’emblée « je m’assois, je m’allonge ? », la réponse est toujours la même : il faut d’abord faire la lecture de l’histoire de sa problématique, exclure ce qui n’est pas du ressort de l’ostéopathe, puis réfléchir à une hypothèse de traitement crédible. Une position de traitement ne se conseille jamais avant d’avoir compris ce qui se joue réellement.

Et non, une vertèbre ne « se déplace » pas au sens où on l’entend souvent. Au sens médical strict, un réel déplacement vertébral ne survient qu’à la suite d’un traumatisme important — un gros choc, un accident — et relève alors, heureusement rarement, d’une chirurgie en urgence. Ce mot n’a donc rien à voir avec les douleurs du quotidien dont il est question ici.

Mais l’expression « il m’a tout remis en place » s’est ancrée depuis des années dans le langage courant, comme un raccourci inscrit dans l’inconscient collectif. En réalité, le travail porte sur des contractures et sur des déficits de mobilité — un manque de flexion, d’extension, de rotation interne ou externe, par exemple — et consiste à aider le corps à retrouver son fonctionnement : on crée un cadre propice à l’amélioration, on remet le mouvement en marche, on va vers… C’est cette remise en mouvement que l’on pourrait appeler, plus justement, une remise en juste place.

Pour mieux comprendre ma façon d’aborder le corps et les soins, vous pouvez consulter ma page Ma philosophie : l’accord juste, ainsi que l’article Le « crac » articulaire : ce qui se passe réellement lors d’une manipulation.

Que peut apporter une approche globale ?

Le bas du dos est en lien avec de nombreuses structures : bassin, hanches, diaphragme, posture générale. Une approche globale cherche à comprendre pourquoi cette zone est sollicitée au-delà de ce qu’elle peut absorber, plutôt que de ne traiter que le symptôme. Pour aller plus loin sur cette vision globale du corps, vous pouvez consulter notre article sur le schéma corporel en ostéopathie.

Quand l’ostéopathie ne remplace pas un avis médical

En présence des signes d’alerte mentionnés plus haut, ou face à une cause médicale identifiée, l’ostéopathie ne se substitue pas à une prise en charge médicale : elle peut, le cas échéant, s’y ajouter en complément, une fois le contexte clarifié.

Quand reprendre le sport ?

La reprise se fait généralement de façon progressive, en réintroduisant d’abord les mouvements les moins contraignants, puis en augmentant peu à peu l’intensité selon la tolérance de chacun.

Comment prévenir les douleurs lombaires ?

Il n’existe pas de posture parfaite à maintenir toute la journée : il est souvent plus pertinent de parler de variation des positions et des mouvements que de posture idéale.

Bouger régulièrement

Un corps qui bouge régulièrement, même modestement, entretient sa mobilité et sa résistance aux efforts du quotidien.

Éviter les périodes prolongées sans mouvement

Interrompre une position assise ou debout maintenue trop longtemps, même brièvement, aide à relâcher les tensions qui s’accumulent.

Adapter son poste de travail

Hauteur du siège, de l’écran, du plan de travail : de petits ajustements peuvent réduire des contraintes répétées sur le bas du dos.

Apprendre à gérer les efforts physiques

Fléchir les jambes plutôt que le dos, anticiper une charge avant de la soulever, éviter les mouvements brusques en torsion : ces réflexes limitent le risque de faux mouvement.

Renforcer progressivement son corps

Un travail régulier de renforcement et de souplesse, adapté à chacun, rend le dos plus résistant face aux sollicitations du quotidien.

Prévenir les récidives

Après un épisode de douleur lombaire, reprendre progressivement une activité variée reste la meilleure protection contre une nouvelle crise, plus efficace qu’une prudence excessive et prolongée.

La lombalgie est-elle toujours liée à une atteinte de la colonne vertébrale ?

Non. La majorité des douleurs lombaires communes n’ont pas de cause structurelle identifiable et évoluent favorablement.

Faut-il un examen d’imagerie systématique ?

Non, un examen n’est généralement utile qu’en présence de signes d’alerte spécifiques, sur indication médicale.

Combien de temps dure une lombalgie commune ?

Le plus souvent quelques jours à quelques semaines, avec une amélioration progressive à mesure que le mouvement est repris.

L’ostéopathie peut-elle remplacer un traitement médical ?

Non. Elle s’inscrit en complément d’une prise en charge médicale, jamais en remplacement lorsque celle-ci est nécessaire.

À propos de l’auteur

Michel Brunet, Ostéopathe D.O. à Bègles (Bordeaux Sud). Formé à l’ostéopathie de 1997 à 2002 (IFOTEC / FEM), titulaire du titre français d’ostéopathe reconnu par l’État depuis 2007, inscrit au RPPS (Répertoire Partagé des Professionnels de Santé). Formé également à la somatothérapie (sophrologie, PNL, analyse transactionnelle), et pratiquant du Qi Gong santé depuis plus de trente ans, avec une formation de niveau professionnel acquise en France et en Chine, discipline qu’il a également enseignée.


Schéma corporel : le lien corps/conscience en ostéopathie

 

Michel Brunet, ostéopathe à Bègles, dans son cabinet de consultation

Je voulais aborder avec vous une notion qui me tient à cœur : le schéma corporel, que j’évoque assez souvent en patientèle. De mon avis, un soin n’a de sens — si on le souhaite pérenne — que s’il tient ses promesses : corps/conscience.

Qu’est-ce que le schéma corporel ?

Le schéma corporel est la représentation que nous avons de notre propre corps : sa position dans l’espace, ses limites, ses mouvements, ses tensions. C’est une carte interne, constamment mise à jour par le cerveau à partir des informations sensorielles — proprioception, équilibre, toucher, vision.

Cette carte n’est pas figée. Elle évolue avec l’âge, les habitudes posturales, les traumatismes, l’activité physique, et même avec les émotions. C’est elle qui permet de fermer les yeux et de savoir, sans le vérifier du regard, où se trouve sa main.

Étymologie et petite histoire du concept

Le mot schéma vient du grec ancien skhēma, qui désigne la forme, la figure, la manière de se tenir. Accolé à corporel, il désigne donc littéralement « la forme du corps » — mais tel qu’il a été pensé en médecine, c’est bien plus qu’une simple silhouette : c’est une organisation active et sans cesse mise à jour.

Le concept trouve ses racines dans la neurologie de la fin du XIXe siècle. Le neurologue français Pierre Bonnier introduit dès 1893, puis développe en 1905, l’idée d’un « sens des attitudes » : une représentation consciente de la taille, de la forme et de la position du corps. Son dérèglement provoque, selon lui, des troubles qu’il nomme aschématie — le patient perd le sens des limites ou de la posture de son propre corps — ou encore hyper-, hypo- et paraschématie selon qu’une partie du corps est ressentie trop grande, trop petite, ou mal localisée.

Quelques années plus tard, en 1911, les neurologues britanniques Henry Head et Gordon Holmes proposent une distinction restée célèbre : un modèle postural du corps, inconscient, qui organise en permanence l’équilibre et la position des segments corporels sans que nous en ayons conscience, et un schéma superficiel, conscient celui-là, qui permet de localiser une sensation précise sur la surface de la peau. Cette distinction entre un niveau inconscient et un niveau conscient a longtemps structuré les débats sur la question, jusqu’à ce que la notion soit clarifiée, en France notamment par Françoise Dolto, qui la distinguera nettement de l’image du corps — celle-ci relevant davantage du vécu psychique et affectif.

Pourquoi le schéma corporel se dérègle

Certaines douleurs persistent parfois même après la guérison de la lésion initiale. Une explication tient au schéma corporel lui-même : le corps a « appris » une posture de protection — une épaule surélevée, un appui évité, une respiration bloquée — et cette carte interne met du temps à se réajuster, même quand les tissus, eux, ont récupéré leur mobilité.

C’est un phénomène qu’on retrouve dans des contextes très différents : après une immobilisation (plâtre, alitement, chirurgie), à la suite d’un traumatisme même ancien, dans les douleurs chroniques où la « carte de la douleur » finit par se dissocier de l’état réel des tissus, ou encore chez le sportif, lors d’une reprise après blessure, quand le geste reste prudent alors que la structure est guérie.

Prendre conscience : le rôle central de l’attention

La douleur a ceci de particulier qu’elle attire l’attention. C’est même souvent la seule chose qui la retient vraiment. Tant qu’il n’y a pas de douleur, on laisse le corps s’organiser « inconsciemment » : des tensions s’installent, des restrictions de mobilité se mettent en place, des compensations se construisent, sans qu’on en ait la moindre conscience.

C’est précisément ce que j’observe en consultation. Mon travail consiste à tester l’ensemble du corps — pas seulement la zone dont se plaint le patient — pour repérer toutes les restrictions de mobilité, toutes les tensions, y compris celles qui ne se manifestent pas encore par une douleur consciente. Il n’est pas rare qu’un patient découvre, au moment du soin, qu’une tension existait sans qu’il l’ait su lui-même.

Prendre conscience de cela est fondamental. Mais un point mérite d’être précisé avec honnêteté : cela ne vaut vraiment que si le patient accepte, ou demande, un suivi dans la durée — sachant qu’en ostéopathie, on ne garde en général pas longtemps ses patients. Quelques séances suffisent souvent à répondre à la demande initiale. La prise de conscience, elle, demande un peu plus de temps et d’engagement pour porter tous ses fruits.

Être un corps, ou faire corps/conscience ?

Il y a une différence entre être un corps et faire corps/conscience. Être un corps est un fait, une évidence biologique. Faire corps/conscience, c’est autre chose : c’est un mouvement, une dynamique, un aller-vers — vers soi, pour soi, en soi. Ce n’est pas un état qu’on atteint une fois pour toutes, mais une direction dans laquelle on avance, séance après séance, geste après geste.

Le rôle du geste ostéopathique

En consultation, je ne travaille jamais uniquement sur un tissu, une articulation ou un muscle isolé. Comme je l’explique dans ma philosophie de l’ostéopathie, je cherche moins un effet mécanique ponctuel qu’un accord juste entre les différentes structures du corps et leurs capacités d’adaptation. Le schéma corporel est précisément l’endroit où cet accord se joue : un ajustement structurel n’a de valeur durable que s’il s’accompagne d’une réappropriation consciente du mouvement retrouvé.

C’est aussi pour cette raison que le bruit d’une manipulation — le fameux « crac » — n’est jamais l’objectif en soi. J’en parle plus en détail dans cet article sur ce qui se passe réellement lors d’une manipulation : ce qui compte, ce n’est pas le phénomène sonore, mais la façon dont le système nerveux et la perception du patient intègrent l’information sensorielle apportée par le geste — exactement le terrain sur lequel se construit le schéma corporel.

Exemple concret : la détente du diaphragme

Prenons un exemple concret : une tension au diaphragme, cette zone qu’on appelle aussi le plexus solaire. Je détends et je travaille souvent cette région, essentielle pour le corps tout entier — pas seulement pour la gestion des émotions ou du stress, comme on l’entend souvent. Le lien est réel, et concerne aussi bien le système digestif que le dos ou le système lymphatique.

Le diaphragme n’est en effet pas qu’un muscle respiratoire : sa fonction influence l’équilibre entre systèmes sympathique et parasympathique, la stabilité posturale, la digestion, l’équilibre métabolique ainsi que les systèmes cardiovasculaire et lymphatique intra-abdominal. Une respiration diaphragmatique lente stimule notamment le nerf vague, ce qui active la réponse de détente du système parasympathique. Des travaux cliniques ont par exemple montré qu’un entraînement régulier à ce type de respiration, réparti sur plusieurs semaines, pouvait réduire le niveau de cortisol et améliorer l’attention et l’humeur.

Mais ce travail manuel ne suffit pas à lui seul. Il porte pleinement ses fruits seulement si le patient accepte de s’exercer, en dehors du cabinet, à mieux respirer et à se détendre — idéalement plusieurs fois par semaine. C’est dans ce cas que les choses changent réellement et durablement pour ce patient.

C’est tout le contraire du patient qui vient la veille de partir en vacances pour être soulagé rapidement de quelques douleurs, ou de celui qui me demande s’il existe un exercice pour ne plus jamais avoir mal au dos de sa vie. Ce sont des demandes légitimes, mais elles relèvent d’une autre logique : celle du soulagement ponctuel, non celle de la transformation durable du schéma corporel.

Corps et conscience : une même promesse

C’est pour cette raison que je parle de « promesse corps/conscience ». Un soin ostéopathique efficace agit à deux niveaux :

  • le corps : restaurer la mobilité, lever les tensions, redonner de l’espace aux tissus ;
  • la conscience : permettre à la personne de ressentir à nouveau ce corps différemment, de réintégrer ce nouvel espace de liberté dans ses gestes quotidiens.

Sans ce second temps, le premier reste fragile.

Une intuition ancienne : le corps comme première enveloppe

Cette idée que le corps physique n’est qu’une des couches à travers lesquelles nous nous percevons n’est pas nouvelle. La Taittirîya Upanishad, un texte védantique ancien, décrit l’être humain comme composé de plusieurs enveloppes emboîtées (les kosha), dont la première — l’annamaya kosha, littéralement « faite de nourriture » — correspond au corps physique. Les enveloppes suivantes concernent le souffle, le mental, puis des niveaux plus subtils de conscience.

Je n’en fais pas une référence thérapeutique, mais cette intuition rejoint, à des siècles de distance, ce que l’ostéopathie observe cliniquement : le corps physique n’est pas une fin en soi, il est le premier support à partir duquel se construit toute expérience — y compris consciente — de soi-même.

En pratique

Si vous êtes venu·e me consulter pour une douleur récurrente, une gêne posturale ou une sensation de « corps qui ne répond plus comme avant », il y a de fortes chances que le schéma corporel fasse partie de l’équation. Le travail manuel donne l’impulsion ; c’est votre attention et votre pratique quotidienne qui inscrivent le changement dans la durée.

Questions fréquentes

D’où vient le mot « schéma corporel » ? Il vient du grec skhēma (forme, attitude). Le concept médical a été introduit par Pierre Bonnier en 1893-1905, puis précisé en 1911 par les neurologues Henry Head et Gordon Holmes sous le nom de « modèle postural du corps ».

Le schéma corporel, est-ce la même chose que l’image du corps ? Non. Le schéma corporel est une représentation essentiellement sensorielle et souvent inconsciente (position, mouvement, équilibre), tandis que l’image du corps relève davantage du vécu psychologique et émotionnel de son propre corps.

Peut-on « réparer » un schéma corporel perturbé ? On ne le répare pas comme une pièce mécanique : on l’aide à se réactualiser, en combinant un travail manuel qui redonne de l’information sensorielle fiable, et une attention consciente qui permet au cerveau d’intégrer ce changement dans la durée.


C’est cette alliance entre le geste thérapeutique et la conscience du patient qui, à mes yeux, fait toute la différence entre un soulagement ponctuel et un mieux-être qui dure.

Michel Brunet Ostéopathe D.O., Bègles (Bordeaux Sud)


À propos de l’auteur

Michel Brunet pratiquant le Qi Gong santé en extérieur

Michel Brunet est ostéopathe D.O. à Bègles, près de Bordeaux. Sa formation ne se limite pas à l’ostéopathie : il s’est également formé en somatothérapie, spécialisée en sophrologie, complétée par des notions de PNL (programmation neuro-linguistique) et d’analyse transactionnelle — des approches qui nourrissent directement sa lecture du lien entre corps et conscience.

Il pratique par ailleurs le Qi Gong santé depuis plus de trente ans, avec une formation de niveau professionnel acquise à la fois en France et en Chine, discipline qu’il a également enseignée, ainsi que plusieurs arts martiaux depuis de nombreuses années. Ce parcours, mené en parallèle de ses études dans un premier temps, puis de sa pratique de l’ostéopathie ensuite, a enrichi sa compréhension du corps en mouvement et sa vision de l’ostéopathie comme un art à part entière — attentif autant à la structure qu’à la conscience que chacun a de son propre corps.


Sources


Le « crac » articulaire : ce qui se passe réellement lors d’une manipulation

Ce qui craque lors d’une manipulation : ce que le « crac » nous apprend vraiment

Le bruit n’est pas le traitement. Ce que les données scientifiques permettent réellement de dire sur la cavitation, les manipulations, le système nerveux et les fascias.

« Madame, Monsieur, faisons une petite expérience… »

Si je tire lentement sur votre doigt, vous ressentirez une légère traction. Cette mobilisation peut déjà procurer une sensation agréable de détente, sans produire le moindre bruit.

En revanche, si cette même traction devient suffisamment rapide, un « crac » peut apparaître.

Alors une question se pose :

Est-ce réellement ce bruit qui vous a fait du bien ?

Cette question est loin d’être anodine. Elle revient très souvent au cabinet, parfois formulée autrement :

« Ça a craqué, donc c’est remis en place ? »

Ou encore :

« Si ça n’a pas craqué, c’est que ça n’a pas marché ? »

Ces idées sont profondément ancrées. Elles sont entretenues depuis des décennies par certaines croyances populaires, mais aussi parfois par certains discours thérapeutiques.

Pourtant, la réalité est plus nuancée — et probablement bien plus intéressante.

Le « crac » fascine… mais il peut aussi induire en erreur

Nous avons presque tous déjà fait craquer nos doigts, notre nuque ou notre dos. Certaines personnes recherchent même volontairement cette sensation, persuadées qu’elle constitue le signe d’un véritable soulagement.

Il est vrai qu’après un craquement, beaucoup décrivent une impression de légèreté, de détente ou de liberté de mouvement.

Cette sensation est bien réelle.

Mais une sensation agréable ne permet pas, à elle seule, d’expliquer précisément ce qui s’est produit dans l’articulation.

Le bruit ne signifie pas qu’un os a « craqué ».

Il ne signifie pas davantage qu’une vertèbre « déplacée » aurait été remise en place.

D’ailleurs, si une vertèbre venait réellement à se déplacer de façon importante, nous ne parlerions plus d’une simple dysfonction articulaire, mais d’une situation potentiellement grave nécessitant une prise en charge médicale.

Le « crac » correspond à tout autre chose.

Que se passe-t-il réellement lors d’un craquement articulaire ?

Une observation en temps réel grâce à l’IRM

Pendant longtemps, plusieurs hypothèses ont tenté d’expliquer le phénomène du craquement articulaire.

Une étude publiée en 2015 par l’équipe du professeur Gregory Kawchuk a permis d’observer directement, grâce à une IRM en temps réel, ce qui se produit au moment où une articulation émet un bruit.

Lorsque les surfaces articulaires s’écartent rapidement, la pression à l’intérieur du liquide synovial diminue brutalement.

Cette variation de pression peut conduire à la formation rapide d’une cavité au sein du liquide articulaire.

Ce phénomène est généralement décrit comme une cavitation et s’inscrit dans un processus physique appelé tribonucléation.

C’est cette modification rapide de l’environnement gazeux et liquidien de l’articulation qui est associée au bruit caractéristique entendu lors de certains craquements articulaires.

Schéma de la cavitation articulaire lors d'une manipulation
Schéma illustrant les étapes proposées du phénomène de cavitation articulaire lors d’une manipulation. Le craquement est associé à la formation rapide d’une cavité gazeuse dans le liquide synovial.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autrement dit :

ce n’est pas une vertèbre qui « craque » ;

ce n’est pas un os qui se remet en place ;

et le bruit ne constitue pas la preuve qu’une structure était déplacée.

Il s’agit d’un phénomène physique qui peut accompagner une séparation rapide des surfaces articulaires.

Le bruit est-il la preuve que la manipulation a été efficace ?

La réponse est non.

C’est probablement le point le plus important de cet article.

Certaines techniques manuelles produisent un bruit audible.

D’autres n’en produisent aucun.

Dans les deux cas, il est nécessaire d’observer ce qui a réellement changé.

Une articulation peut produire un « crac » sans que la mobilité recherchée soit véritablement améliorée.

À l’inverse, une technique parfaitement silencieuse peut être suivie d’une amélioration de la mobilité, d’une diminution de la douleur ou d’une sensation de confort accrue.

Le bruit peut donc accompagner une technique.

Mais il ne constitue pas, à lui seul, un critère d’efficacité.

Ce qui compte réellement après une manipulation

En pratique, après une manipulation audible — mais également après une technique silencieuse — je reprends mes tests cliniques.

Je cherche à savoir :

  • le mouvement est-il devenu plus libre ?
  • la douleur a-t-elle évolué ?
  • la fonction s’est-elle améliorée ?
  • le patient peut-il réaliser plus facilement le mouvement qui était limité ?
  • la sensation de confort a-t-elle changé ?

C’est cela qui m’intéresse.

Pas le bruit.

Une manipulation ne se résume pas à un phénomène mécanique

Le craquement articulaire est un phénomène visible et audible.

Il est donc naturellement tentant de penser que toute l’efficacité d’une manipulation réside dans ce qui se passe mécaniquement dans l’articulation.

Mais les effets d’une technique manuelle peuvent être beaucoup plus complexes.

Les données actuelles suggèrent l’intervention de plusieurs niveaux qui peuvent interagir entre eux :

  • des effets mécaniques ;
  • des informations sensorielles provenant des articulations, des muscles et des tissus environnants ;
  • des réponses du système nerveux spinal et supraspinal ;
  • des modifications de l’activité neuromusculaire ;
  • des mécanismes de modulation de la douleur ;
  • des facteurs cognitifs et contextuels.

Il est donc préférable de ne pas rechercher une explication unique.

Les mécanismes proposés dans cet article ne doivent pas être compris comme une explication unique de l’effet des manipulations. Les données actuelles suggèrent l’intervention de mécanismes mécaniques, sensoriels et neurophysiologiques qui interagissent entre eux. Certains sont bien documentés ; d’autres restent des hypothèses en cours d’étude.

Le système nerveux : une partie essentielle de la réponse

La boucle gamma : un mécanisme réel, mais plus complexe qu’un simple « reset »

Les muscles possèdent des récepteurs sensoriels appelés fuseaux neuromusculaires.

Ces structures renseignent le système nerveux sur l’état d’étirement du muscle et participent à la régulation de son activité.

Les motoneurones gamma jouent notamment un rôle dans la régulation de la sensibilité des fuseaux neuromusculaires.

La boucle gamma constitue donc bien un véritable mécanisme neurophysiologique.

Les manipulations manuelles peuvent modifier certaines informations sensorielles provenant des articulations, des muscles et des tissus environnants.

Ces informations peuvent ensuite influencer l’activité de différents circuits spinaux et supraspinaux impliqués dans la régulation du mouvement, du tonus musculaire et de la douleur.

La boucle gamma fait partie des mécanismes susceptibles d’intervenir dans certaines réponses.

Mais il serait trop simpliste d’affirmer qu’une manipulation « réinitialise » automatiquement le niveau d’excitation des neurones gamma.

De même, nous ne pouvons pas affirmer directement qu’un muscle reçoit un message conscient ou spécifique lui indiquant que « la menace est passée ».

Une formulation plus rigoureuse consiste à dire qu’une manipulation fournit au système nerveux un stimulus sensoriel bref et précis, susceptible de modifier temporairement la manière dont les informations mécaniques et sensorielles sont intégrées.

Ce n’est donc pas simplement un os qu’on « remet ».

Une manipulation peut fournir au système nerveux un stimulus sensoriel capable de modifier temporairement la manière dont le corps perçoit et organise le mouvement.

Les modifications de l’activité musculaire

Des études expérimentales ont observé, après certaines manipulations, des modifications transitoires de l’activité électromyographique des muscles paravertébraux ainsi que des changements dans différents paramètres de l’excitabilité neuromusculaire.

Cependant, ces réponses ne sont pas uniformes.

Selon la technique utilisée, la région traitée, le muscle étudié, le protocole expérimental et le moment de la mesure, les résultats peuvent varier.

Certaines études observent une diminution de l’activité musculaire.

D’autres observent une augmentation.

D’autres encore ne mettent pas en évidence de modification significative.

Il est donc préférable de parler de modifications de l’activité neuromusculaire plutôt que d’affirmer qu’une manipulation entraîne systématiquement une diminution de l’activité musculaire.

Cette nuance est importante.

Le corps ne répond pas nécessairement de la même manière à chaque technique, chez chaque personne et dans chaque contexte.

Les fascias : des tissus mécaniques et sensoriels

Une vision plus moderne des tissus conjonctifs

Organisation anatomique du muscle. Le tendon se prolonge dans le muscle squelettique, entouré par le fascia profond et l’épimysium. À l’intérieur du muscle, le périmysium délimite les faisceaux musculaires, tandis que l’endomysium entoure individuellement chaque fibre musculaire.

Le tendon et le muscle ne constituent pas deux structures totalement séparées. Ils s’inscrivent dans une continuité mécanique et conjonctive, organisée en plusieurs niveaux, depuis le fascia profond jusqu’à l’endomysium entourant chaque fibre musculaire.

Illustration d'une orange comparée à la structure du muscle et du fascia profond

Les fascias ont longtemps été considérés comme de simples enveloppes anatomiques.

Les connaissances actuelles invitent à une vision beaucoup plus dynamique.

Les tissus fascials participent à la transmission des forces, à l’organisation mécanique des tissus et aux informations sensorielles.

Certaines structures fasciales sont richement innervées.

Elles peuvent donc participer à la perception des contraintes mécaniques et à la manière dont le système nerveux interprète les informations provenant du corps.

Il faut toutefois éviter de présenter les fascias comme une structure unique et homogène.

Le terme « fascia » recouvre des tissus différents, présentant des propriétés mécaniques, anatomiques et biologiques variées.

Les tissus fascials peuvent-ils se rigidifier ?

Dans certaines situations pathologiques, des modifications des propriétés mécaniques des tissus conjonctifs ont été décrites.

Ces modifications peuvent notamment inclure :

  • une augmentation de la rigidité ;
  • des adhérences ;
  • des modifications de la matrice extracellulaire ;
  • des changements dans le glissement entre certains plans tissulaires.

Cependant, il serait trop simpliste de résumer la situation par une formule telle que :

tension prolongée → déshydratation → fascia rigidifié.

La biologie des tissus conjonctifs est beaucoup plus complexe.

La rigidité tissulaire peut dépendre de nombreux facteurs : inflammation, cicatrisation, remodelage de la matrice extracellulaire, contraintes mécaniques, activité physique, immobilisation et autres processus biologiques.

Il est donc préférable de parler de modifications possibles des propriétés mécaniques des tissus plutôt que d’une règle universelle.

L’acide hyaluronique et le glissement entre les tissus

L’acide hyaluronique est un constituant important de la matrice extracellulaire.

Il participe notamment aux propriétés viscoélastiques et aux conditions de glissement de certains tissus conjonctifs.

Des travaux expérimentaux et des modèles biomécaniques suggèrent que la déformation mécanique des tissus peut influencer le comportement de l’acide hyaluronique et les conditions de glissement entre certains plans tissulaires.

Cette hypothèse est intéressante.

Cependant, il serait excessif d’affirmer qu’une pression manuelle standard modifie directement et de manière démontrée la viscosité de l’acide hyaluronique chez chaque patient.

Les mécanismes exacts qui se produisent chez l’être humain au cours d’une technique manuelle restent difficiles à mesurer directement.

Une formulation plus prudente consiste donc à considérer que les contraintes mécaniques peuvent potentiellement influencer les propriétés locales des tissus et leurs conditions de glissement, sans prétendre avoir démontré précisément chaque étape de ce phénomène au cours d’une séance.

La mécanotransduction : quand les cellules répondent aux contraintes mécaniques

À l’échelle cellulaire, la mécanotransduction décrit la manière dont les cellules convertissent une contrainte mécanique en signaux biologiques.

Les cellules peuvent percevoir les forces auxquelles elles sont soumises et modifier en conséquence certains processus biologiques.

Les fibroblastes et la matrice extracellulaire participent notamment à ces phénomènes.

Ce mécanisme biologique est parfaitement réel.

Il constitue un cadre intéressant pour comprendre la manière dont les tissus peuvent répondre aux contraintes mécaniques.

Mais une distinction importante doit être faite.

Le fait que la mécanotransduction existe ne signifie pas qu’une pression manuelle appliquée pendant quelques minutes entraîne automatiquement un remodelage cliniquement significatif de la matrice extracellulaire.

La chaîne :

pression manuelle → signal cellulaire → remodelage tissulaire durable

ne peut pas être considérée comme démontrée de manière générale.

La mécanotransduction fournit plutôt un cadre biologique permettant d’étudier comment les cellules et les tissus peuvent répondre aux contraintes mécaniques.

La traduction exacte de ces mécanismes cellulaires en effets cliniques durables après une technique manuelle reste encore à préciser.

Les fluides interstitiels : une hypothèse mécanique plausible

La pression exercée sur les tissus peut modifier localement les contraintes mécaniques.

Elle peut également influencer les mouvements de fluides dans les tissus.

Il est donc plausible que certaines techniques manuelles modifient localement les conditions mécaniques et les mouvements de fluides interstitiels.

Cependant, l’importance réelle de ces phénomènes au cours des différentes techniques manuelles reste difficile à quantifier chez l’être humain.

Il serait donc excessif d’affirmer que la redistribution des fluides explique à elle seule l’efficacité clinique d’une technique.

Comme souvent en physiologie, plusieurs mécanismes peuvent probablement intervenir simultanément.

« La structure gouverne la fonction » : une formule à replacer dans son contexte

« La structure gouverne la fonction » est une formule historique importante dans l’ostéopathie.

Elle exprime l’idée que l’organisation des tissus influence les possibilités de mouvement et de fonction.

Cette idée conserve un intérêt.

Mais les connaissances actuelles invitent à considérer la relation entre structure et fonction comme bidirectionnelle et dynamique.

Les tissus influencent le mouvement.

Mais le mouvement, les contraintes mécaniques, l’activité physique et les adaptations du système nerveux influencent également les tissus.

Il est donc plus juste de considérer que :

la structure et la fonction s’influencent mutuellement.

Le corps n’est pas un système statique dans lequel une structure serait simplement « déplacée » puis remise en place.

Il s’agit d’un système biologique en constante adaptation.

Une technique silencieuse peut-elle être utile ?

Oui.

Et c’est probablement l’un des points les plus importants à comprendre.

Une technique n’a pas besoin de produire un bruit pour avoir un effet.

Une mobilisation peut modifier les informations sensorielles provenant des tissus.

Elle peut influencer temporairement la perception du mouvement.

Elle peut modifier la manière dont le patient explore une amplitude.

Elle peut participer à une diminution de la douleur.

Elle peut également produire des changements mécaniques transitoires.

Ces effets peuvent se produire sans qu’aucun « crac » ne soit audible.

Il serait toutefois excessif d’affirmer que les techniques silencieuses sont systématiquement aussi efficaces que les techniques accompagnées d’un craquement.

La question n’est pas de remplacer une croyance par une autre.

La question est de mesurer ce qui change réellement.

Une technique silencieuse peut produire des changements perceptibles et fonctionnels sans qu’un bruit articulaire soit nécessaire.

Le rôle du contexte et de la perception

Le patient ne perçoit pas uniquement un mouvement articulaire.

Il perçoit également un ensemble d’informations :

  • la sensation de la technique ;
  • la pression exercée ;
  • le mouvement ;
  • le bruit éventuel ;
  • les explications données par le thérapeute ;
  • la confiance accordée au soin ;
  • l’évolution de la douleur ;
  • la sensation de contrôle retrouvée.

Le « crac » peut donc devenir un repère subjectif important pour certaines personnes.

Il peut être interprété comme le signe que quelque chose s’est produit.

Mais cette interprétation ne doit pas être confondue avec une preuve physiologique.

Un bruit peut être associé à une sensation de soulagement.

Mais le soulagement ne dépend pas nécessairement du bruit lui-même.

C’est précisément pour cette raison qu’il est important de ne pas faire du craquement l’objectif principal d’une manipulation.

Ce que nous savons, ce que nous supposons et ce qui reste à démontrer

Ce qui est bien établi

Les données actuelles permettent notamment d’affirmer que :

  • certains craquements articulaires sont associés à un phénomène de cavitation ;
  • un bruit articulaire ne constitue pas la preuve qu’une vertèbre était « déplacée » ;
  • les manipulations manuelles peuvent produire des réponses sensorielles et neuromusculaires ;
  • les tissus fascials sont innervés et participent à la transmission des forces et aux informations sensorielles ;
  • l’acide hyaluronique participe aux propriétés de la matrice extracellulaire et aux conditions de glissement de certains tissus ;
  • la mécanotransduction est un mécanisme biologique réel.

Ce qui est plausible mais encore discuté

La littérature permet également d’envisager, sans les considérer comme des mécanismes définitivement démontrés dans toutes les situations :

  • une modulation du tonus musculaire par les circuits sensorimoteurs ;
  • une participation de la boucle gamma à certaines réponses ;
  • des modifications transitoires du glissement entre certains plans tissulaires ;
  • une modification locale des propriétés mécaniques de certains tissus ;
  • une influence de la déformation mécanique sur le comportement de l’acide hyaluronique ;
  • des réponses cellulaires liées à la mécanotransduction.

Ce qui ne doit pas être présenté comme démontré

Il serait en revanche excessif d’affirmer que :

  • toute manipulation « réinitialise » les neurones gamma ;
  • le muscle reçoit directement le message que « la menace est passée » ;
  • les fascias se rigidifient systématiquement sous l’effet de tensions prolongées ;
  • une technique manuelle remodèle directement et systématiquement la matrice extracellulaire ;
  • la redistribution des fluides explique à elle seule l’efficacité clinique ;
  • une technique silencieuse est nécessairement aussi efficace qu’une technique accompagnée d’un craquement.

La science ne perd rien à reconnaître ce qu’elle ne sait pas encore.

Au contraire.

Cette distinction permet de mieux comprendre les mécanismes réellement étudiés et d’éviter de transformer une hypothèse intéressante en certitude.

Alors, que signifie réellement le « crac » ?

Le « crac » est un phénomène physique.

Il peut accompagner une manipulation.

Il peut être parfaitement audible.

Il peut être associé à une sensation de relâchement ou de liberté de mouvement.

Mais il ne constitue pas, à lui seul, une preuve de succès thérapeutique.

Le véritable objectif d’une manipulation n’est pas d’obtenir un bruit.

Il est d’observer une réponse pertinente.

Une amélioration de la mobilité.

Une diminution de la douleur.

Une amélioration de la fonction.

Une meilleure capacité à réaliser un mouvement.

Une sensation de confort.

Une meilleure confiance dans le mouvement.

C’est cela qui doit guider l’évaluation.

Conclusion : je ne recherche pas le « crac »

En définitive, ce n’est pas le « crac » qui soigne.

Il peut accompagner un geste thérapeutique.

Il peut constituer un phénomène physique intéressant à observer.

Il peut être entendu par le patient et devenir pour lui un repère subjectif.

Mais le véritable objectif du soin reste ailleurs.

Il se trouve dans la récupération de la fonction.

Dans la qualité du mouvement retrouvé.

Dans l’évolution de la douleur.

Dans la capacité du patient à reprendre confiance dans son corps.

Dans la réponse globale du système biologique à la stimulation proposée.

Le bruit est un phénomène.

Le mouvement retrouvé est le résultat recherché.

Et, pour ma part, je ne recherche pas le « crac ».

Je l’accompagne s’il survient.

Je recherche une réponse du corps, une évolution de la fonction et cette sensation de relâchement ou de libération tissulaire que je peux parfois percevoir sous mes mains.

Cette sensation constitue une information clinique.

Mais elle doit toujours être confrontée à ce que le patient ressent et à ce que les tests fonctionnels permettent réellement d’observer.

La question n’est donc pas :

« Est-ce que ça a craqué ? »

La vraie question est :

« Qu’est-ce qui a changé ? »

Michel Brunet
Ostéopathe D.O.

Article fondé sur la littérature scientifique actuelle et l’expérience clinique.

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Références scientifiques

Kawchuk et al. — Real-Time Visualization of Joint Cavitation

Cette étude utilisant l’IRM en temps réel a permis de visualiser les changements se produisant au moment d’un craquement articulaire et d’apporter des éléments importants concernant le phénomène de cavitation.

Impact of Audible Pops Associated With Spinal Manipulation on Perceived Pain — Systematic Review

Cette revue systématique s’intéresse à la question de savoir si la présence d’un bruit audible lors d’une manipulation vertébrale est associée à un meilleur résultat clinique ou à une diminution plus importante de la douleur.

Les données disponibles ne permettent pas de considérer le bruit audible comme une preuve générale d’efficacité thérapeutique.

The Mechanisms of Manual Therapy — PLOS ONE

Cette revue présente les différents mécanismes proposés pour expliquer les effets des thérapies manuelles.

Elle souligne notamment l’intérêt d’une approche intégrative associant les dimensions mécaniques, sensorielles et neurophysiologiques.

Les mécanismes des thérapies manuelles ne peuvent probablement pas être réduits à une seule explication.

La recherche actuelle invite plutôt à considérer l’interaction de plusieurs mécanismes, dont certains sont bien documentés et d’autres restent encore à préciser.