Ma philosophie de l’ostéopathie : chercher l’accord juste
« Je cherche les petites notes qui s’aiment. »
— Wolfgang Amadeus Mozart
Il est des phrases qui traversent une vie.
Celle-ci m’accompagne depuis de nombreuses années. Bien qu’elle ait été écrite pour la musique — un domaine qui me touche d’autant plus que j’ai été guitariste durant plusieurs décennies — elle exprime, à mes yeux, ce que je recherche chaque jour dans ma pratique de l’ostéopathie.
Cette phrase résonne avec une philosophie qui m’invite à considérer le geste manipulatif au-delà de sa seule dimension mécanique. Si la technique conserve évidemment toute sa place dans ma pratique, elle ne constitue pas une finalité en soi. Elle devient un moyen parmi d’autres au service d’une compréhension plus globale du patient et de ses capacités d’adaptation.
Une pratique guidée par le raisonnement clinique
Avec l’expérience, ma pratique s’est enrichie. Le geste manipulatif conserve toute sa place, mais il s’inscrit aujourd’hui dans une démarche clinique plus large, fondée sur l’observation, le raisonnement et la compréhension de la singularité de chaque patient.
La priorité reste de ne pas nuire. Chaque situation nécessite une analyse précise afin de proposer une prise en charge cohérente, adaptée et respectueuse des capacités d’adaptation propres à chacun.
Chercher les petites notes qui s’aiment…
Avec le temps, j’ai compris que cette phrase résumait mieux ma manière de travailler que toutes les définitions de l’ostéopathie que j’avais pu apprendre au cours de ma formation.
Je ne cherche pas la force.
Je ne cherche pas l’effet spectaculaire.
Je ne cherche pas à « remettre un corps en place ».
Je cherche d’abord à comprendre.
Comprendre comment une personne s’est construite, comment son organisme s’est adapté au fil des années, comment il a appris à contourner certaines difficultés, parfois jusqu’à modifier sa façon de bouger, de ressentir et d’interagir avec son environnement.
Une approche entre geste, réflexion et compréhension du vivant
Ma pratique ostéopathique s’est construite progressivement autour de plusieurs dimensions complémentaires : le raisonnement clinique, le geste manipulatif, une réflexion philosophique sur le vivant et le mouvement, ainsi qu’une approche anthropologique du corps intégrant ses dimensions mécaniques, perceptives, vécues et culturelles.
L’être humain n’est pas un simple assemblage de structures mécaniques. Le corps est un système vivant en mouvement permanent, capable d’adaptation et d’apprentissage.
À la recherche d’une synthonie fonctionnelle
Comme en musique, où l’harmonie naît de la relation juste entre les notes, chaque partie du corps possède sa propre fonction et participe à un ensemble en perpétuelle adaptation.
La pratique ostéopathique consiste alors à favoriser une forme de synthonie fonctionnelle : un accord subtil entre les différentes structures, les contraintes auxquelles elles sont soumises et les capacités d’adaptation propres à chaque individu.
Les articulations, les muscles, les fascias, le système nerveux, la respiration, les appuis, le regard ou encore la posture ne fonctionnent jamais de manière isolée. Chacun participe à une organisation dynamique où le mouvement, la perception et l’adaptation s’influencent mutuellement.
Au fond, l’ostéopathie que je pratique est une recherche d’accord juste : comprendre les relations entre les différentes composantes du corps afin d’accompagner au mieux son organisation, sa mobilité et ses capacités d’adaptation.
C’est cette recherche d’équilibre entre observation, raisonnement clinique et geste thérapeutique qui guide aujourd’hui ma pratique auprès de chaque patient.
Michel Brunet
Ostéopathe D.O.
Une pratique guidée par le mouvement, l’écoute et le raisonnement clinique.